La fatigue post-partum n’est pas un manque de volonté
- Emma Boullet
- 27 déc. 2025
- 4 min de lecture

Comprendre la physiologie pour sortir de la culpabilité
La fatigue post-partum est l’un des symptômes les plus fréquents… et pourtant l’un des plus mal compris.
Elle est souvent minimisée, normalisée à l’excès, voire vécue comme une faiblesse personnelle.
En tant que professionnelle de la santé, et jeune maman moi-même, j’ai longtemps pensé que je devais mieux gérer.
Parce que je connaissais la physiologie.
Parce que j’accompagne des femmes.
Parce que je “devais montrer l’exemple”.
Et pourtant, la fatigue est venue. Pas immédiatement après la naissance, mais quelques mois plus tard.
C’est précisément là que beaucoup de femmes commencent à douter d’elles.
Le post-partum : une période physiologique à part entière
Le post-partum n’est pas un simple “après”.
C’est une phase de récupération majeure, qui engage plusieurs systèmes en même temps :
hormonal
nerveux
immunitaire
métabolique
émotionnel

Après l’accouchement, le corps traverse :
une chute hormonale brutale (œstrogènes, progestérone)
une adaptation neuro-endocrinienne intense
une récupération tissulaire profonde
parfois un allaitement, qui augmente encore les besoins énergétiques et micronutritionnels
des carences nutritionnels et micronutritionnels qui se sont installés durant la grossesse
Tout cela demande beaucoup de temps et d’énergie. Et donc beaucoup de repos, un soutien émotionnel et une alimentation dense en nutriments.
Pourquoi la fatigue peut apparaître tardivement

Beaucoup de femmes disent :
“J’étais étonnamment en forme au début, et beaucoup plus fatiguée après.”
Ce phénomène est fréquent et logique.
1. Les premières semaines
adrénaline élevée
mode survie
mobilisation des réserves
Le corps est bien fait. Il compense et il fait ça très bien.
2. Puis, après quelques mois
l’adrénaline redescend
le manque de sommeil devient chronique
les réserves en micronutriments (fer, zinc, magnésium, B12…) peuvent être bien entamées
le système nerveux commence à relâcher
La fatigue n’apparaît pas parce que tu es “moins forte”,
mais parce que ton corps cesse de compenser.
Fatigue ≠ faiblesse : une confusion culturelle
Dans notre culture, la fatigue est souvent interprétée comme :
un manque d’organisation
un manque de motivation
un manque de volonté
En post-partum, cette confusion est particulièrement délétère.
Dormir pendant que quelqu’un d’autre s’occupe du bébé n’est pas un échec.
Ce n’est pas “profiter”.
Ce n’est pas être moins investie.
C’est répondre à un besoin physiologique réel.
Le repos n’est pas une récompense. C’est un levier de récupération fondamentale !

“Je suis professionnelle de santé, je devrais aller mieux”
C’est une croyance très répandue chez les femmes qui accompagnent, soignent, conseillent.
Mais il est essentiel de rappeler ceci :
La connaissance du corps n’immunise pas contre la physiologie.
Être professionnelle de la santé ne signifie pas :
récupérer plus vite
avoir moins besoin d’aide
être moins impactée par le manque de sommeil
Tu n’es pas au-dessus de ton corps.
Tu es dans ton corps.
Et ton vécu ne décrédibilise pas ton expertise.
Il la renforce, lorsqu’il est intégré avec justesse.
La fatigue et la culpabilité : un cercle vicieux
Beaucoup de femmes se disent :
“J’ai de la chance d’être à la maison.”
“D’autres font bien plus que moi.”
“Je n’ai pas de raison d’être aussi fatiguée.”
La fatigue n’est pourtant pas proportionnelle :
au temps de travail
à la charge mentale visible
à la comparaison avec d’autres femmes
Elle dépend :
de l’état du système nerveux
des réserves nutritionnelles
de la qualité du sommeil réel
du vécu émotionnel
de l’histoire corporelle antérieure
La culpabilité elle-même consomme de l’énergie.
Elle entretient la fatigue au lieu de la soulager.

Une approche fonctionnelle de la fatigue post-partum
Dans une approche fonctionnelle et intégrative, la fatigue post-partum est abordée comme un signal, pas comme un défaut.
On s’intéresse notamment à :
la récupération hormonale
le statut micronutritionnel
la digestion et l’assimilation
la charge de stress
la qualité du repos réel
le soutien disponible (et accepté)
Il ne s’agit pas de “corriger” une mère, mais de soutenir un corps en reconstruction.

Mon vécu,
Voir mon compagnon se lever pendant que je dormais encore m’a parfois remplie de honte.
Je pensais que je devais y arriver seule.
Que je devais montrer l’exemple.
Aujourd’hui, je sais que ce n’était pas un signe de faiblesse.
C’était un signe d’écoute.
Et c’est exactement ce que je transmets aujourd’hui aux femmes que j’accompagne :
tu n’as rien à prouver
tu n’as rien à rattraper
ton corps travaille déjà énormément
En conclusion
La fatigue post-partum n’est pas un manque de volonté.
Ce n’est pas un défaut.
Ce n’est pas un échec.
C’est une réalité physiologique, multifactorielle, légitime.
Soutenir une mère, ce n’est pas lui demander d’être plus forte.
C’est lui permettre de récupérer.

Et si tu ne traversais pas cette période seule ?
Le post-partum est souvent présenté comme une phase à “tenir”, à “gérer”, à “surmonter”.
Pourtant, physiologiquement, c’est une période qui demande du soutien.
Dans mon accompagnement, je propose un espace pour :
comprendre ce qui se joue réellement dans ton corps
soutenir la récupération hormonale et nutritionnelle
apaiser la fatigue sans culpabilité
ajuster l’alimentation, le rythme et l’hygiène de vie à ta réalité
remettre de la sécurité et de la confiance dans ton corps
Mon approche est fonctionnelle, individualisée et complémentaire du suivi médical.
Elle s’adresse aux femmes en post-partum qui ressentent de la fatigue, une baisse d’énergie, une difficulté à récupérer… même plusieurs mois après la naissance.
Il ne s’agit pas de faire plus, mais de soutenir mieux.
Si tu ressens le besoin d’être accompagnée dans cette période, je propose :
des consultations individuelles
un accompagnement sur plusieurs mois
adaptés au post-partum et au rythme de la maternité.
Tu peux retrouver toutes les informations sur l’accompagnement Maternité Fonctionnelle, ou me contacter directement par mail si tu as des questions.

Pour finir
Tu n’as pas besoin d’être plus forte.
Tu as le droit d’être soutenue.


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